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Gare de Rethondes

Le 11 novembre 1918:

Le chef de Gare de Rethondes laissa exploser sa joie en faisant sonner les cloches de l'Eglise.

«  A l'automne de 1918, je fus désigné pour remplacer le chef de gare de Rethondes qui partait en congé. J'étais loin d'imaginer qu'étant appelé à assurer le service de cette gare je serais le témoin d'évènements aussi considérables.

Un matin, un coup de téléphone m'avisa qu'un train dans lequel se trouvait le Maréchal Foch  allait venir en gare et que je devais, dès son arrivée , le diriger sur les voies de l'épi de tir.

Quelques heures après, j'étais avisé qu'un second train , dans lequel se trouvaient les Allemands,  me parviendrait et que , dès son arrivée, je devais le refouler sur la voie parallèle à celle où était placé le wagon du Maréchal.

Ces trains arrivèrent successivement, celui des Allemands le dernier.
Je les aiguillai selon les instructions données.

Dès que le wagon du Maréchal fut mis en place, un officier télégraphiste vint me demander où il fallait qu'il installe l'appareil téléphonique reliant le wagon du Maréchal avec la gare. Je lui désignai la table se trouvant dans le bureau du chef de gare et où j'avais installé mon lit de camp.

Puis le soir vint et, par une nuit brumeuse et humide, la gare de Rethondes rentra dans le calme impressionnant. Sur mon lit de camp je ne pouvais m'endormir. Ma curiosité me faisait échafauder des hypothèses. J'étais presque certain que la guerre allait finir, mais ce presque était encore une incertitude insupportable.

Le jour venait, petit à petit la tentation de connaître le but de cette réunion était pour moi de plus en plus forte. Je pris l'écouteur du téléphone. Rien, personne ne parlait sur la ligne, ni en allemand, ni en français.

Vers 6 heures 15, après avoir allumé ma lampe, je me levai sans avoir fermé l'oeil. N'y tenant plus, je tournai la magnéto d'une main tremblante; On me répondit aussitôt. Je demandai à qui j'avais l'honneur de parler en disant «   Ici le chef de gare »  Un capitaine d'état major m'a répondu aimablement.

Je m'excusai de mon indiscrétion et lui demendai s'il était possible de savoir ce qui s'était passé cette nuit sur l'épi de tir. L'officier me pria de pas m'impatienter et me promit de me rappeler dès qu'il aurait le communiqué qu'on préparait.

Je raccrochai. J'avais le coeur qui battait. Je me disais: «  Dans quelques instants j'apprendrai la bonne nouvelle. » Et je pensais à tous ceux qui l'attendaient comme moi depuis quatre ans.

Vers 6 h 35, la sonnerie du téléphone retentit. Le capitaine avait tenu promesse. L'écouteur à l'oreille, je l'entendis qui me priait de prendre du papier et un crayon. Il commença à me dicter le communiqué de notre victoire. Ma main tremblait. Bientôt je ne fus plus capable d'écrire tout ce qu'il me dictait. Mais j'avais le principal: signature de l'armistice, cessation des hostilités à 11 heures, retrait des troupes allemandes, remises d'armes de canons de matériels divers, etc. Cette liste était devenue trop longue. Je remercai le capitaine, et-c'était peut-être enfantin- je lui criai: «  Vive la France » comme cela au téléphone.

Au comble de la joie, je me précipitai sur le quai, annonçant à tous la grande nouvelle. Deux fusils se trouvaient dans mon bureau. Je les pris, je vidai les magasins,  en tirant en l'air,  vers la forêt qui se trouvait en face.

Ayant informé les soldats de passage, je leur conseillai d'aller sonner les cloches de l'Eglise de Rethondes. Bientôt, au-delà de la rivière je les entendais qui commençaient à sonner, donnant le signal de l'allégresse à toutes leurs soeurs de France.

Des trains passèrent chargés de troupes jusque sur les marchepieds. Dès qu'on leur apprenait la nouvelle, les soldats arrivaient munis de cartes postales de Rethondes et me demendaient d'y apposer le timbre à date de la gare, d'autres, présentaient une page de leur livret militaire. La gare de Rethondes était devenue historique gràce à son épi de tir; »

 

 D'après les déclarations de Monsieur Austrucq,
Chef de gare en poste à Rethondes le 11 novembre 1918.

 

-Les cloches de Rethondes -

 

 

L'année de N.S. Mil neuf cent trente, j'ai été bénite par Monseigneur LESENNE, évêque de BEAUVAIS, l'abbé FRUCHAUT, curé et nommée CHARLOTTE ELISABETH, par mon parrain le Comte de l'aigle, conseiller Général de l'Oise et maire de Rethondes et ma marraine Madame la comtesse de l'Aigle, née COLBERT, A. BEJOT, adjoint, J. BATAILLE, M GUNTZBURGER, F. LEFEVRE, M. PRIEUR, A. RICHARD, G. RICHARD, M. RUFFIN conseillers municipaux.

 

L'an 1821, j'ai été bénite par Monsieur LEPOT, curé de Rethondes et desservant Saint Crépin.

 Je suis nommée JEANNE FRANCOISE.

 J'ai pour parrain

 

Monsieur François LEBEL, propriétaire au dit lieu et pour marraine Jeanne LE CARON de MAZENCOURT. Mariot Adjoint,

 

SYMBOZEL, Louis CABOIS,

 

BOULLIAU, Conseillers. Ch. CUVILLER à SOLENTE. 

 

 

 (Jeanne LE CARON .... 1770- 1855) 

 


 (François LE BEL .... 1767 - 1846) - tombes place de l'Eglise et plaque

 

 

 

En 1930, j'ai été bénite par Mgr LESENNE, év. de BEAUVAIS, Abbé FRUCHAUT, curé

 et nommée MARIE-LOUISE-HENRIETTE par mon parrain

 le Comte de l'Aigle

et mes marraines Marie-Louise

et Henriette* de l'Aigle.

 "En mémoire des enfants de Rethondes morts pour la France. Souvenez-vous d'eux dans vos prières.**"

* Madame de Grammont.
** Ces 2 cloches ont été bénites en mars 1932